NATASHALEJEUNE /// OHLALA !!!!
DJ, compositrice, ancienne chanteuse du fameux A.S. Dragon, Natasha Lejeune a entamé en 2011 une carrière solo avec Oh la la ! .
Interview d’une jeune femme pour qui la beauté ne signifie pas avoir froid aux yeux.
EVERMAGAZINE : Tu chantes, tu danses, tu joues du clavier. Et tu es à ce qu’il paraît une bête de scène …
NATASHALEJEUNE : Plutôt un animal de scène ! Sinon, je ne suis pas vraiment claviériste, plus vraiment danseuse, je suis désormais surtout chanteuse.
EM : Tu as l’air de capitaliser pas mal de talents, la perspective de faire une carrière solo après A.S Dragon t’avait-elle effleuré l’esprit ?
NL : Pas du tout ! Au début je n’avais même pas de nom de groupe : c’était Natasha, tout court. Et puis j’ai besoin de partager dans la durée avec différentes personnes.
EM : Tu as quitté AS Dragon en 2007, l’album est sorti fin janvier 2011: que s’est-il passé entre temps ?
NL : Pas grand-chose ! J’ai écrit des textes pour Christophe Willem, ce qui m’a permis de manger pendant deux ans. Et je suis devenue DJ. Je me suis mise à écrire mes chansons dans un coin. Le reste, c’est une histoire de rencontres. Avec Benjamin Lebeau de The Shoes, qui était dans le groupe The Film, dont le batteur, Antoine Boistelle, est mon actuel batteur. Je lui ai fait écouter mes démos et il m’a dit : « C’est quoi cette merde ? Il faut tout reprendre ». On s’est mis à composer ensemble.
EM : Que symbolise l’interjection Oh la la ! ?
NL : C’est parce que j’ai mauvaise réputation.
EM : C’est une référence aux comics, non ?
NL : Il y a un côté cartoon dans Oh la la !. C’est un petit monde de comic strip ! Mais sans la référence à Serge Gainsbourg.
EM : Il y a aussi le côté un peu sexy, en anglais, de « Oh la la !», glamour, esthétique …
NL : Je trouvais ça drôle et étonnant, le fait que ça soit décalé et visuel à la fois.
EM : Qui a trouvé le nom ?
NL : C’est Georgina Tacou, l’auteure du livre La mort n’en saura rien, ou est-ce moi, je ne sais plus.
EM : Comment as-tu initié ce projet avec Benjamin Lebeau ?
NL : Benjamin a une place de producteur, plus que de membre à proprement parler. En l’occurrence, j’aurais bien aimé former un groupe avec lui, mais il n’a pas voulu.
EM : Dans quelles conditions s’est déroulé l’enregistrement de l’album ?
NL : Le point fort de Benjamin étant la partie production, on a maquetté, et sur ce qu’on a réalisé on a gardé à peu près 75%. Puis, on est retournés en studio, on a réenregistré des batteries, et ça a été assez vite. C’est Julien Delfaud qui a mixé l’album, mais toute la production avait déjà été faite au moment de composer le disque. On a bouclé l’album dans la joie et la bonne humeur.
EM : A en croire la presse, pas mal de qualificatifs résument le son de Ho la la !: « post punk », « power punk », « garage punk », « glam rock », « rock girly », « new wave », « rock tranchant aux soubresauts funky » …
NL : Je préfère « Rock tranchant aux soubresauts funky » ! Il y a des guitares ciselantes, un son assez crado, et un groove qui est assez présent.
EM : Que penses-tu de la référence récurrente aux Rita Mitsouko?
NL : Tu sais comment c’est, Rock & Folk a dit ça une fois, et ça a été repris à l’infini, y compris par ma maison de disques qui a eu la bonne idée de coller ça sur les stickers des CD. Chose avec laquelle je ne suis absolument pas d’accord.
EM : Cela induit-il une pression particulière?
NL : Ce n’est pas non plus une insulte... C’est certainement à cause du titre « Relax » où effectivement il y a un petit quelque chose. En même temps, je me dis que c’est surtout à la maison de disque d’être sous pression, car si elle nous présente comme les prochains Rita Mitsouko, il va falloir qu’elle mette les moyens.
EM : Si tu pouvais choisir un artiste avec qui collaborer, lequel serait-ce ?
NL : Il n’y en a plein. J’adore Metronomy. J’aime tout ce qu’ils font, les remixes également. J’aime bien cette vague de pop anglaise, c’est vraiment un truc cool. Sinon, j’ai rencontré Damon Albarn, et j’aimerais bien bosser avec lui. Et pourquoi pas David Bowie pendant qu’on y est ! J’aime les rencontres inattendues, celles qui m’emmènent ailleurs …
EM : Comme Philippe Katerine, qui a participé à l’album ?
NL : Par exemple, voire du Hip Hop !
EM : Tu penses déjà à ton prochain album ?
NL : Je pense surtout au live en ce moment. C’est tout un boulot de réarrangement des titres. C’était assez compliqué au début de les transcrire pour la scène. Et mine de rien, ça a pris un peu de temps. C’était nouveau pour moi, avant j’étais dans un groupe psyché, de garage punk psyché. Franchement, je préfère ce que je fais maintenant. J’ai plus d’espace pour me faire plaisir.
EM : Pour revenir à l’album actuellement dans les bacs, les hommes semblent en prendre pas mal pour leur grade. Je pense à un titre comme Rendez-vous avec un salaud …
NL : C’est mignon Rendez vous avec un salaud, c’est « Rendez vous avec un salaud pour satisfaire ma libido ». Mais j’y tape autant sur la fille que sur le garçon. C’est surtout un aveu de faiblesse.
EM : Et Goodbye Superman ?
NL : Pareil, Goodbye Superman c’est plein de personnes, c’est une fête entière. Il y a des mecs, des nanas, c’est comme une caméra qui se promène. C’est vraiment une chanson puzzle avec des phrases qui n’ont rien à voir entre elles.
EM : Tes références sont principalement anglo-saxonnes, mais écrire en français est-il un réflexe naturel pour toi ?
NL : Ca demande du travail de faire sonner des textes en français, c’est certain ! C’est assez difficile, mais pas impossible. L’idée est vraiment d’aller vers une écriture « pop », plus axée sur les sonorités. Je ne m’inscris pas dans la chanson à texte, donc ça reste de la pop, en français. Tout comme l’influence anglo-saxonne sur la langue française est indirecte. Même si on parle en français, aujourd’hui on emploie 50 000 mots d’anglais dans la langue courante. C’est avant tout un travail sur les résonances.
EM : Globalement ce que tu chantes, c’est du vécu ?
NL : Ce sont des phrases crachées comme ça, à la volée. Ce n’est pas forcément du vécu, mais ce sont des choses qui pourraient m’arriver. Bob Dylan disait : « une chanson pour chaque situation vécue ». Mais je ne sais plus qui disait que pour chaque situation que tu as vécue dans ta vie, Bob Dylan a fait une chanson dessus.
EM : On te voit comme une « Iggy Pop gauloise ». Comment appréhendes-tu tes passages sur scène ?
NL : Avec A.S. Dragon, où je jouais torse nu, il y avait un lien direct avec Iggy Pop, avec ce côté un peu androgyne. Je viens de la danse aussi, et j’ai eu la chance de faire sa première partie au Bol d’Or, devant 30 000 bikers abîmés. Mais, avant tout, sur scène, je ne gère rien du tout. Les gens ont une fausse idée de moi, de qui je suis réellement. Il y a un décalage monstrueux entre ce que les gens perçoivent et la réalité.
EM : La différence en la Natasha à la scène, et la Natasha à la vie est-elle si grande ?
NL : De moins en moins, déformation professionnelle oblige. Mais ça prête à confusion quand même. Attention … Oui, les gens ont peur de moi, et ça me porte préjudice.
EM : Tu penses faire peur quand tu es sur scène ?
NL : Et pas que … Je suis un objet de désir en dehors de la scène égalmement. C’est compliqué. Et puis j’ai cette volonté d’aller chercher les gens par la peau du cul, coûte que coûte…
EM : Sinon Natasha, qu’est ce qui t’angoisse ?
NL : Tout m’angoisse, je suis extrêmement angoissée, mais je me soigne. Je ne me ménage pas, j’ai l’art de me mettre dans des situations compliquées. J’apprends avec le temps à prévenir ces accidents de la vie, à arrêter de la compliquer, cette vie.
EM : A contrario, qu’est ce que te procure de la joie, te rend belle ?
NL : Arrête, tu vas me faire rougir ! J’ai l’impression d’être de plus en plus triste. J’ai l’impression que c’est ça vieillir, c’est embrasser cette tristesse et l’accepter. Accepter tout ce qui te rend malheureux. Et c’est ça qui te rend beau.
Jonathan Berdah
BEAUTYISYOU
En home beauty ?
Le matin, je nettoie ma peau en douceur avec la « gelée micellaire » d’Aderma. Puis, j’applique la « Mandarin Facial Hydrating Cream » d’Aesop.
Le soir, je me tartine avec Embryolisse. Si ma peau est trop sèche et à tendance à tirer je passe à Effadiane, que j’utilise comme une cold cream réparatrice. Parfait après quatre jours de fiesta par exemple !
Je suis fan du touch éclat YSL, que j’applique sur les rougeurs, les cernes et toutes les imperfections. J'unifie mon teint, avec le Mat touch fundation, également chez YSL.
Je réalise un smoke eye avec un simple un crayon noir, associé au fard duo Eyes Shadows bleu-noir de Dior n° 075. J’alterne avec un vert pailleté (ombre solo N°5), YSL.
De temps en temps, je rehausse le tout avec pur rouge orangé, typique YSL.
Et pour le corps, crème fermeté de Clarins « Body ferming cream », elle lisse la peau et sent très bon…
En héritage ? Je n’aurais pas ce visage, (si)…
- Je ne faisais pas la fête : ca me donne l’air juvénile !
- Je n’avais pas une franche au milieu de la figure : c’est mon « vêtement du visage » qui cache mes yeux et me protège ! D’ailleurs en laissant pousser mes cheveux, j’ai l’impression de retrouver mes 15 ans !
En forme ?
Oui, c’est indispensable quand on fait de la scène. J’ai besoin de dynamiser mon corps, de le centrer et de muscler ma colonne vertébrale.
Pour un entrainement optimal, je pratique la méthode Gyrotonic chez « White Cloud ». Un entraînement sur machine (proche du Pilates) intégrant des mouvements de yoga, de danse et de taï-chi. Chaque série travaille sur le renforcement des ligaments, les articulations et se base sur une respiration profonde.
Ma silhouette s’allonge, je remuscle le tout, je replace ma colonne vertébrale, je retrouve la tonicité et l’énergie nécessaire !
Propos recueillis par Marie Munoz


