EVEROTICA Part 4 /// END OF SUMMER - ©STEFAN RAPPO /// EVER MAGAZINE 2011

 

 

L’été est parti

Il s’est couché dans un tas de feuilles mortes, s’est enroué la gorge dans une brume humide qui colle aux joues. Il a durci ses muscles dans la neige qui s’annonce déjà. Et il s’en est allé.

 

Mais il vient encore nous réveiller la nuit. On se raccroche à sa lumière rasante lorsque les bulbes de nos lampes s’allument beaucoup trop tôt. Alors on fait brûler de grands feux de joie et on se souvient de lui.

 

Parce que tu sais, et bien l’été c’est une femme, une sacrée femme avec des seins ronds comme des vagues. Des sourires de pub pour de la Ricoré. L’été te regarde toi et tout le monde en même temps. Elle colle des sortes de plantes, déshydratées par le soleil, sur son corps et le tien. Et elle écarte les cuisses pour te montrer, comme quand tu étais gosse, ce qu’il y a là.

 

Ce qu’il y a là ce sont des baisers qui brûlent les épaules, des aisselles humides et des gouttes de transpiration au creux du nombril, quand tu l’approches de trop près. Quand tu t’y frottes longtemps. Ses tétons éclatent comme des figues trop sucrées. Tu les mords pour voir, tu les goûtes jusqu’à plus soif. Tu t’endors repu la tête contre ses cuisses dorées, tendres, aux muscles détendus par la torpeur.

 

Elle te raconte des cochonneries, les trucs qu’elle aimerait te faire quand vous serez de retour à l’ombre de la chambre. Les nuits ne sont pas blanches, elles sont rouges, comme ses griffes sur tes fesses. Et vos bouches sont toujours sèches le matin.

 

L’été sent le cul qui sent bon parce que c’est l’été.

 

Ou plutôt : l’été sentait le cul qui sentait bon parce que c’était l’été.

 

 

Texte : Lucille Dupré
 Photos : Stefan Rappo
Modèle : Valentina Feula
Musique : FREON on soundcloud