Alors que 2011 pointe tout juste son nez, le Magazine Ever se penche une dernière fois sur les évènements qui ont marqué l’année passée. Qu’a retenu la presse étrangère de 2010 ? De catastrophes naturelles en crises politiques, économiques et diplomatiques, le bilan, s’il est lourd, apporte malgré tout quelques belles avancées.
Cette revue de presse s’inaugure sur les catastrophes climatiques et écologiques pour une simple raison : s’il fallait retenir un événement que les médias du monde n’ont cessé de couvrir durant toute l’année dernière, il faudrait évoquer le séisme d’Haïti. Ce tremblement de terre, survenu le 12 janvier à 16h53, est en effet devenu le symbole et le point d’ancrage de toutes les autres catastrophes naturelles de ces douze derniers mois. La BBC le définit comme le «pire séisme depuis deux siècles», qui a détruit près de «60 % des infrastructures du pays ».
Au total, il aura fait 230 000 morts et 300 000 blessés. Et six mois plus tard, 1,5 millions de personnes vivent encore dans les différents camps construits pour pallier la catastrophe. Le bilan s’alourdit encore alors qu’en octobre un second fléau touche l’île des Caraïbes : le choléra se propage rapidement et en décembre, on a déjà atteint les 2535 victimes. Les raisons évoquées sont multiples : déficit en eau salubre lié aux destructions du séisme, rumeur sur l’éventuelle culpabilité des casques bleus.
Ces deux catastrophes, intrinsèquement liées, ont pour conséquence d’envenimer une situation politique déjà difficile. Le 28 novembre ont lieu des élections présidentielles et législatives. L’ONU les déclare transparentes, mais le manque d’infrastructures et le nombre d’électeurs toujours privés de papiers d’identité les rendent plus que suspectes aux yeux de la population. Au début de 2011, aucun gouvernement n’a encore pu être mis en place et, un an après le tremblement de terre, le pays se trouve au bord de la guerre civile.
D’une catastrophe naturelle à une crise politique : le même type de corrélation se produit actuellement auPakistan, pays qui, en juillet dernier, se voit en grande partie détruit par des inondations historiques. La forte mousson de l’été fait alors déborder la rivière Indus, inondant les régions du Khyber Pakhtunkhwa, de Sindh, du Punjab et du Balochistan. En quelques jours, un cinquième du territoire se retrouve sous les eaux. Plus de 1700 personnes y perdent la vie et 20 millions en sont affectées (plus de 10 fois plus, donc, qu’en Haïti). Cette catastrophe a comme conséquence une montée des tensions entre les insurgés talibans et le gouvernement. Les attaques terroristes se multiplient depuis la rentrée, alors que le pays n’a pas encore fini de subvenir aux dégâts des inondations de juillet.
Une autre catastrophe naturelle, écologique et d’origine humaine cette fois, a marqué les esprits et les unes de journaux. Éminemment politique également, la marée noire du Golf du Mexique est parvenue à ébranler l’une des plus importante compagnie pétrolière mondiale : BP. Le 20 avril, l’une de ses plates-formes, la Deepwater Horizon, explose. Onze travailleurs y perdent la vie et c’est le début d’une fuite historique : 776 millions de litres de pétrole s’échappent jour et nuit pendant 3 longs mois. Jusqu’en juillet, où BP parvient enfin à trouver un moyen de ralentir la fuite, de colmater le puits endommagé et d’endiguer la catastrophe.
Le 19 septembre, la crise est déclarée « effectivement morte ». Les côtes de la Louisiane et toute l’industrie qui l’accompagne sont encore ravagées par la marée noire.D’autres fléaux climatiques se sont passé plus près de chez nous, perturbant pendant la deuxième moitié de l’année les transports sur le continent européen. Les incendies en Russie, au début du mois d’août, font non seulement plus de 50 victimes et 3000 sans abris, ils paralysent également Moscou pendant plusieurs jours. 10 millions de moscovites ne peuvent quitter le sol russe pendant plusieurs jours.
Mais c’est un autre type de fumée qui bloque pendant plusieurs semaines, cette fois, le ciel européen. Personne n’a oublié l’imprononçable volcan Eyjafjöll, de la calotte glaciaire Eyjafjallajokull. Situé en Islande, celui-ci entre en éruption le 20 mars, éruption qui ne s’achève que le 27 octobre 2010. La lave provoque au printemps une précoce fonte des glaces : la production de vapeur d’eau forme alors un immense « nuage » de vapeur, de gaz volcaniques et de cendres. Rendant impossible tout décollage, le transport aérien est bloqué jusqu’au 20 avril. Il en coûtera à cette industrie 2,3 milliards d’euros.
C’est un tollé partout en Europe, qui se renouvelle au mois de décembre alors que d’importantes tempêtes de neige touchent en particulier la France et l’Allemagne, et paralysent pendant les fêtes les transports nationaux et internationaux. Dans les derniers jours de l’année, c’est au tour de New York et du Canada de voir ses aéroports et ses gares envahis par des milliers de passagers, empêchés de partir réveillonner. Sur le continent nord-américain comme en Europe, on voit surgir un même débat. D’une part, une incompréhension face à notre incapacité à prendre le pas sur des éléments pourtant familiers et face à l’incompétence de nos gouvernements et compagnies de transport. D’autre part, la contradiction apparente de ces tempêtes glaciales avec le réchauffement climatique, pourtant parfaitement analysable, aux vues de cet article du journal anglais The Independent.
Ever débute cette nouvelle année par un dossier spécial 2010. Depuis la Chine jusqu’à Haïti en passant par l’Europe, quels évènements ont fait la une des journaux étrangers ? Revue de presse.