
Parlons un peu de l’Italie et de Silvio Berlusconi... Cette idée peut sembler un point de départ facile et pourtant, cher lecteur, elle me plonge dans un abîme de perplexité sur les potentielles premières lignes de mon article.
Où commencer ?
Par quel angle
sordide,
comique,
ou parfaitement tragique peut on aborder ce phénomène sidérant, incompréhensible et pourtant presque familier qu’est le cas Berlusconi et son influence plus que déterminante, franchement historique même, sur l’un des pays phares de l’Europe, l’Italie, ce berceau vénérable de l’Antiquité et de la Culture Mondiale.
Par la diffusion du documentaire Vidéocracy sur Arte ? Par les marques sur le visage de Berlusconi après son « assaut » en plein meeting ? Par des histoires de putes et de pouvoir ? Par les liens Sarko-Berlu ?
En fait, puisque nous sommes après tout en France, autant démarrer par l’une des rares influences qu’a eu notre bon vieux pays sur l’Italie, à travers les élections municipales italiennes et françaises.
En effet, après le triomphe socialiste aux municipales, qui fut largement appréhendé comme une vote anti-Sarkozy davantage qu’une vague rose-Martine [Aubry], les partis de gauche italiens se sont mis à rêver. Sous la houlette d’un nouveau chef enfin solide, après la débâcle Veltroni , la gauche italienne s’est répandue en comparaisons de bonne augure et s’est dite, à haute voix, qu’il n’y avait pas de raison pour que l’usure du pouvoir ayant frappé Sarkozy ne frappe pas aussi le septuagénaire Berlusconi.
Mais, malgré quelques légeres éclaircies, le vote des municipales fut à nouveau un rappel clair de ce fait : l’Italie aime Berlusconi. La gauche a reculé dans plusieurs régions, en a perdu même certaines et aucun scandale, sexuel, financier ou autre, ne semble vraiment pénaliser le Président du Conseil italien dans les urnes.

Comme en 2008,
en 2001
et 1996,
Berlusconi a su parler à ce pays, le comprendre, se faire acclamer, et récolter une approbation que rien ou si peu, ne semble entacher. Comme le chantait Woody Guthrie : « this land is my land ». Il est difficile de ne pas prétendre que l’Italie actuelle est bien la terre de Silvio Berlusconi, plus encore sans doute que les Etats-Unis étaient celle de Georges Bush Jr durant les années 2000.
L’opposition est d’ailleurs dans un tel état de délabrement avancé que les problèmes politiques de Berlusconi sont réels, mais proviennent généralement de sa propre majorité (de Gianfranco Fini pour être plus précis) et de la coalition très inflammable (car allant du centre droit à la droite franchement extrême) qu’il a lui même mise en place.
Il est intéressant de pousser la comparaison entre ces élections municipales françaises et italiennes car elles permettent d’illustrer l’abîme béant qui sépare les positions de Sarkozy et de Berlusconi dans leurs « royaumes » respectifs. Car, après tout, les controverses absurdes qui ont sérieusement entamé la crédibilité de Sarkozy ne sont rien à côté de celles qui frappent régulièrement son collègue italien.
Nicolas est quitté par sa femme, Silvio également ! Mais, lui, c’est parce que sa tendre et chère le soupçonne de la tromper avec une nymphette de 19 printemps. Sarkozy épouse une vedette et se retrouve peut-être cocu! Berlusconi lui est clairement désigné comme un amateur régulier de prostituées diverses et variées. Or, et c’est bien là le seul point vraiment intéressant de ces rumeurs souvent stupides, ces divagations font chuter à vitesse grand V la popularité du Président français, mais elles glissent sans dommage sur celle du chef du gouvernement italien. L’Italie pardonne tout à son chef, quand la France est si sévère envers le sien. De quoi, effectivement, justifier le complexe de persécution de Nicolas Sarkozy.