
souvent
du football,
et du sport en général comme étant « l’opium du peuple ».
Quelle cruelle ironie que la population mondiale prenne pour exutoire une discipline gangrénée par les mêmes vicissitudes que cette Société qu’elle cherche tant à fuir. Simple miroir du monde, le football est malade des mêmes maux. Pourtant il exerce sur tous une fascination sans borne qui prend sans doute sa source dans son inégalable universalité. Alors qu’il est impossible de jouer au rugby, d’échanger quelques balles de tennis, encore moins de shooter quelques paniers n’importe où, le football, lui, tire sa force du fait qu’il ne requiert rien d’autre qu’un globe approximatif et la volonté de s’amuser de quelques-uns.
Dans la rue, sur la plage, au milieu d’un champ, où que ce soit, il est possible de jouer au foot.
Pour cette raison simple, il est le sport le plus populaire de la planète.
Un sport qui, depuis longtemps, n’en est plus seulement un.

Au départ,
et il est bon
de le rappeler,
le football est un jeu.
Ses pratiquants de tous âges, surtout les plus jeunes, ne s’y adonnent que par passion.
Que peut bien motiver un gamin à s’exercer des heures contre la porte du garage familial ?
Que motive un quadragénaire à se lever le dimanche matin pour taper dans la balle sur un terrain bosselé de banlieue ?
La passion du ballon
Qui réunirait sous la même bannière un enfant des favelas de Rio et un gosse d’une banlieue huppée d’une capitale européenne ?
La passion du ballon
Oui, au départ, le football n’est qu’un jeu. Et si son versant professionnel a quelque peu occulté cette vérité, l’argent n’a pas été jusqu’à pourrir cette substantifique moelle. La preuve : Prenez n’importe lequel footballeur professionnel et demandez lui pourquoi il fait ce métier ? Il vous répondra automatiquement que tout est parti de sa jeunesse, quand il est tombé amoureux de ce sport et en est devenu passionné pour toujours.
Cependant, quand on parle de jeu, on entend également manière de pratiquer le football. Est-ce à dire défendre ou attaquer ? Presser l’adversaire ou se recroqueviller ? Echanger les passes ou tirer le plus loin possible ? Les formes de jeu ou façons de pratiquer le football sont multiples et il en existe autant qu’il en existe d’amateurs.
Chacun aura cependant forgé son opinion sur la base de grands courants de la pensée footballistique qui ont marqué l’histoire. Au début du siècle, la tactique était surtout un joyeux bordel où tout était fait pour servir les meilleures individualités dans les meilleures conditions. Le grand Real Madrid, vainqueur des cinq premières Coupes d’Europe, fonctionnait comme cela avec ses Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas ou encore Raymond Kopa pour régaler la chique. C’était en quelque sorte un football de cour d’école ; où les meilleurs, rapidement identifiés, monopolisent le cuir portant en eux l’honneur de tous leurs camarades.


