La-sueur

Le 7 décembre

2007,

on y fêtait la première journée sans assassinat depuis les années 50. Triste commémoration qui reflète pourtant la baisse de la criminalité. En effet, depuis dix ans, le taux d’homicides a été divisé par trois, pour atteindre récemment 10,3 assassinats pour 100.000 habitants contre 6,2 aux Etats-Unis et 0,7 en France.

C’est vrai que les plus riches vivent dans des quartiers huppés où la criminalité est très faible, alors que dans certaines favelas, le trafic de drogue et l’abondance d’armes à feu font de la violence le seul moyen de résoudre les conflits. La guerre urbaine de 2006, orchestrée par l’organisation mafieuse PCC (Premier Commando de la Capitale), avec les attaques de commissariats, de banques et de bus, nous rappelle les risques que des inégalités révoltantes font peser sur la paix urbaine.

©M.Mangin///

Il faudra

beaucoup

de temps

et d’efforts pour que São Paulo devienne une ville aussi sûre que New York et encore plus de temps pour que sa réputation change. Toutefois, il est indéniable que la présence policière et militaire dans les favelas, les programmes d’accompagnements sociaux des jeunes, le travail de nombreuses ONG et surtout les bienfaits d’une croissance économique mieux distribuée annoncent une inversion de la tendance.

Malgré cette violence, São Paulo est vivante et originale. Avant tout cosmopolite, elle a attiré plus que tout autre ville brésilienne les immigrants du monde entier. Fuyant la misère et les oppressions de tout genre, Italiens, Espagnols, Portugais, Japonais, Coréens, Syriens, Libanais et Juifs ont convergé vers cet attracteur économique. Dans la sueur du travail et le sacrifice des esclaves, cette ville - produit de l'âme portugaise, a su mélanger les peuples pour gommer les clivages communautaires et raciaux.

C’est de ce mélange qu'est née la population paulistana, la plus vigoureuse du Brésil.

© Mangin /// Mandacaru