
Mon vol
est en retard,
la pluie tropicale violente qui s’abat inlassablement sur l’une des plus grandes villes du monde empêche tout avion de décoller. Assis dans la salle d’embarquement de l’aéroport international de Guarulhos, je repense aux photographies de São Paulo que je viens de prendre avec mon ami Lucas et j’imagine au loin, Paris, figée dans sa perfection.
Né à São Paulo, éduqué à Paris, il me serait difficile de choisir entre les deux villes qui ont bercé mon enfance. J’aime l’une pour sa beauté, son calme, son caractère éternel et l’autre parce qu’elle est la transformation constante et la promesse d’une réalité qui ne peut être que meilleure. Yin & Yang, contemplation et action.
Avant de photographier cette mégalopole brésilienne,
tout le monde nous a mis en garde contre ses dangers.

Nous
voulions
des photographies
nocturnes,
des images de rue où la lumière artificielle des appartements, des bureaux, des abris de bus et des phares de voitures éclairent la nuit et transmettent la sensualité d’une ville rugueuse et parfois brutale.
Prendre des photographies nocturnes, c’était s’exposer aux dangers de la ville mais, méprisant avec une certaine crainte les risques évoqués, nous sommes sortis de nuit, caméra au poing. Et rien ne se passa, pas même l’ombre d’une menace. Coup de chance ? Les averses tropicales à répétition ont-elles découragé les voleurs ? Peut-être mais, au fond de moi, quelque chose me dit que São Paulo s’adoucit.